Projet fictif mais réaliste · « Les Pierres Debout » · Court-métrage documentaire 52′ sorti en salles
Modélisation complète : AVANT vs APRÈS prise en compte de la règle des 30 % de l'AVR
⚠ Le piège classique : inscrire l'AVR après réalisation à 100 % comme recette nette du producteur, sans anticiper la rémunération obligatoire du réalisateur.
RECETTES (financements)
| Poste | Source | Montant |
| Apport du producteur délégué | Fonds propres | 25 000 € |
| Préachat droits de diffusion TV | Arte France | 40 000 € |
| Aide sélective à la production audiovisuelle | CNC — Commission doc | 28 000 € |
| Aide à la préparation | CNC — Aide doc préparation | 12 000 € |
| Aide régionale Île-de-France | Région IDF | 15 000 € |
| Aide au développement CNC | CNC | 8 000 € |
| Coproduction internationale | RTS (Suisse) + VRT (Belgique) | 18 000 € |
| Auto-financement réalisateur | Iris Barbier (fonds personnels) | 3 000 € |
| Avance sur recettes APRÈS réalisation hypothèse naïve | CNC | 80 000 € |
| TOTAL RECETTES | 229 000 € |
DÉPENSES (coût définitif)
| Poste | Détail | Montant |
| Développement & recherche | Repérages, droits d'accès | 7 500 € |
| Écriture & préparation | Synopsis, note d'intention, traitements | 6 000 € |
| Tournage chef opérateur | 18 jours × 550 €/jour | 9 900 € |
| Tournage réalisateur | 18 jours × 450 €/jour | 8 100 € |
| Tournage preneur de son | 18 jours × 350 €/jour | 6 300 € |
| Tournage assistant·e réalisation | 18 jours × 280 €/jour | 5 040 € |
| Location matériel image | Caméra, optiques, accessoires | 8 500 € |
| Location matériel son | Perche, HF, enregistreur | 2 800 € |
| Frais de tournage | Déplacements, hébergement, restauration | 12 000 € |
| Montage | Monteur·euse — 10 semaines × 800 €/sem. | 8 000 € |
| Location salle montage | 10 semaines × 350 €/sem. | 3 500 € |
| Étalonnage image | Studio — 5 jours | 5 000 € |
| Musique originale | Compositeur + droits d'enregistrement | 7 500 € |
| Mixage | Studio — 5 jours | 4 500 € |
| Étalonnage DCP & mastering | DCP + Fichier de diffusion | 4 200 € |
| Assurances techniques | Eto, RC, multirisque | 5 000 € |
| Frais généraux producteur | Overheads 15 % (hors rémun.) | 14 000 € |
| Rémunération réalisateur (droits d'auteur) droits auteur |
Contrat de cession de droits — 12 semaines prépa + 18 journées tournage |
18 000 € |
| Rémunération du producteur | Salariat ou prestation | 10 000 € |
| Distribution & promotion | DPF + supports de com' | 12 660 € |
| TOTAL DÉPENSES | 229 000 € |
✨ Déficit apparent = 0 €
Le plan semble bouclé. ERREUR : le producteur s'attend à toucher 80 000 € nets d'AVR.
Répartition AVR hypothèse naïve (100 % au producteur)
| AVR accordée | 80 000 € |
| Producteur touche | 80 000 € FAUX |
| Réalisateur touche | 0 € FAUX |
✅ La réalité réglementaire : l'AVR est décernée conjointement au producteur ET au réalisateur. Minimum 30 % au réalisateur.
Répartition AVR selon le RGA (article 211-125 et s.)
| Bénéficiaire | Ratio | Montant | Justification |
| Société de production « Les Films du Lierre » | 70 % | 56 000 € | Versé sur le compte du film |
| Iris Barbier, réalisatrice | 30 % | 24 000 € | Obligation réglementaire — part minimum |
| Total AVR | 80 000 € | |
Contrat de production : 3 scénarios possibles
La question clé : la part AVR du réalisateur (24 000 €) vient-elle en
imputation sur ses droits d'auteur déjà prévus (18 000 €), ou s'ajoute-t-elle à ces droits ?
Scénario 1 — Imputation
Scénario 2 — Cumul
Scénario 3 — Hybride
Scénario 1 : Imputation partielle
La part AVR (24 000 €) couvre et remplace les droits d'auteur (18 000 €). Le réalisateur touche 18 000 € au total (pas 24 000 + 18 000). Les 6 000 € d'excédent restent au producteur comme contribution au déficit. C'est le scénario le plus courant en documentaire.
Scénario 2 : Cumul intégral
Le réalisateur touche ses droits d'auteur (18 000 €) + sa part AVR (24 000 €) = 42 000 € au total. Le producteur ne récupère que 56 000 € nets, mais le coût définitif du film augmente de 24 000 € (passant à 253 000 €).
Scénario 3 : Hybride (négociation)
Le réalisateur touche ses droits d'auteur (18 000 €) + une part de l'excédent AVR (6 000 €) = 24 000 € au total. Le producteur récupère 56 000 € et absorbe le reste. Scénario fréquent quand le réalisateur est aussi coproducteur ou a investi du travail développement.
Plan de financement CORRIGÉ (selon scénario choisi)
| RECETTES RÉELLES DU PRODUCTEUR | Montant net |
| Apport producteur | Fonds propres | 25 000 € |
| Préachat TV | Arte France | 40 000 € |
| Aide sélective production doc | CNC | 28 000 € |
| Aide préparation doc | CNC | 12 000 € |
| Aide régionale | Île-de-France | 15 000 € |
| Aide au développement | CNC | 8 000 € |
| Coproduction internationale | RTS + VRT | 18 000 € |
| Autofinancement réalisateur | Iris Barbier | 3 000 € |
| AVR — Part producteur 70 % |
CNC |
56 000 € |
| AVR — Part réalisateur imputation |
CNC → producteur → réalisateur |
remplace droits auteur |
| TOTAL RECETTES NETTES producteur | 205 000 € |
| DÉPENSES RÉELLES | Montant |
| Développement & recherche | | 7 500 € |
| Écriture & préparation | | 6 000 € |
| Tournage (équipes + matériel + frais) | | 59 640 € |
| Post-production (montage, étalonnage, mixage, DCP) | | 25 200 € |
| Musique originale | | 7 500 € |
| Assurances techniques | | 5 000 € |
| Frais généraux producteur | | 14 000 € |
| Rémunération réalisateur imputée par AVR |
Couverte par la part AVR du réalisateur |
18 000 € |
| Rémunération producteur | | 10 000 € |
| Distribution & promotion | Distributeur — Jour2Fête | 12 660 € |
| TOTAL DÉPENSES HORS rémun. réalisateur (déjà couverte) | 147 500 € |
| + Rémun. réalisateur à payer (couverte par AVR 30 %) | 18 000 € |
| TOTAL DÉPENSES RÉELLES | 165 500 € |
SOLDE POSITIF = + 39 500 €
Le producteur dégage un excédent (théorique) qui couvre les imprévus et le déficit de trésorerie.
| COÛT DÉFINITIF AUGMENTÉ | Montant |
| Coût définitif initial | | 229 000 € |
| + AVR réalisateur cumulée aux droits | +24 000 € | + 24 000 € |
| NOUVEAU COÛT DÉFINITIF | 253 000 € |
Impact : Le coût définitif augmente de 10,5 %. Le ratio d'aides publiques passe de 46 % à 42 % (sous le seuil de 50 %). L'éligibilité au plafond d'aides publiques est préservée. Mais le producteur ne récupère que 56 000 € nets au lieu de 80 000 €.
| RECETTES NETTES DU PRODUCTEUR (scénario 2) | Montant |
| Total financements hors AVR | | 149 000 € |
| AVR — Part producteur (70 %) | | 56 000 € |
| TOTAL RECETTES NETTES | 205 000 € |
| COÛT DÉFINITIF | 253 000 € |
| DÉFICIT RÉSIDUEL | − 48 000 € |
⚠ DÉFICIT RÉSIDUEL = − 48 000 €
Le cumul crée un trou supplémentaire que le producteur doit combler.
| RÉPARTITION HYBRIDE | Montant |
| Droits d'auteur prévus au contrat | Payés par le producteur | 18 000 € |
| Excédent AVR (24 000 − 18 000) | Versé au réalisateur en plus | 6 000 € |
| Total perçu par le réalisateur | 24 000 € |
| COÛT DÉFINITIF AJUSTÉ | Montant |
| Coût définitif initial | | 229 000 € |
| + Excédent AVR versé au réalisateur | +6 000 € seulement | + 6 000 € |
| COÛT DÉFINITIF AJUSTÉ | 235 000 € |
| RECETTES NETTES DU PRODUCTEUR | 221 000 € |
| SOLDE | − 14 000 € |
DÉFICIT RÉSIDUEL MAÎTRISÉ = − 14 000 €
Le producteur doit trouver 14 000 € supplémentaires, mais le coût définitif n'augmente que de 2,6 %.
Comparatif synthétique des 3 scénarios
| Indicateur |
Scénario 1 Imputation |
Scénario 2 Cumul |
Scénario 3 Hybride |
| Total AVR accordée |
80 000 € |
80 000 € |
80 000 € |
| Part producteur (70 %) |
56 000 € |
56 000 € |
56 000 € |
| Part réalisateur (30 %) |
24 000 € |
24 000 € |
24 000 € |
| Total perçu par le réalisateur |
18 000 € |
42 000 € |
24 000 € |
| Coût définitif |
229 000 € |
253 000 € |
235 000 € |
| Recettes nettes producteur |
205 000 € |
205 000 € |
221 000 € |
| Déficit / solde |
+ 39 500 € |
− 48 000 € |
− 14 000 € |
| Aides publiques / coût définitif |
46 % |
42 % |
45 % |
Analyse de l'impact
🟢 Scénario 1 (Imputation) — Le plus courant
- Le réalisateur touche exactement ses droits d'auteur (18 000 €), qui sont remplacés par la part AVR
- Le producteur économise 18 000 € de trésorerie (il n'a plus à payer les droits car couverts par l'AVR)
- Le coût définitif ne change pas
- Le ratio d'aides publiques reste stable
- Risque : le réalisateur peut estimer que cette mécanique revient à ce que l'État paye ses droits d'auteur à la place du producteur — tension contractuelle fréquente
🔴 Scénario 2 (Cumul) — Le plus coûteux
- Le réalisateur touche droits + AVR = 42 000 € au total
- Le producteur ne récupère que 56 000 € nets au lieu de 80 000 €
- Le coût définitif augmente de 10,5 % (24 000 €)
- Un trou de 48 000 € apparaît dans le plan de financement
- Risque : le distributeur peut refuser un coût définitif gonflé, et le CNC peut questionner la cohérence du dossier
🟡 Scénario 3 (Hybride) — Le compromis négocié
- Le réalisateur touche ses droits (18 000 €) + une partie de l'excédent AVR (6 000 €) = 24 000 €
- Le producteur récupère 56 000 € nets + évite de payer 18 000 € de droits (couverts par l'AVR)
- Le coût définitif augmente modérément (+2,6 %)
- Le déficit résiduel est raisonnable (14 000 €) et comblable par un ajustement budgétaire
⚡ Le point critique de trésorerie : Dans TOUS les scénarios, l'AVR arrive
après la finition du film. Le producteur doit donc avancer :
- Les droits d'auteur du réalisateur pendant la production (18 000 €)
- Le reste du budget (sauf AVR)
La règle des 30 %
réduit la capacité de remboursement de cet avancement : le producteur ne récupère que 70 % de l'AVR, l'autre 30 % allant au réalisateur (ou couvrant les droits déjà payés).
🔮 Simulateur interactif — Impact de la règle des 30 %
Ajuste les curseurs pour voir en temps réel comment la règle des 30 % affecte le plan de financement.